Nous avions rencontré Eric et Joëlle à l'ADEAR il y a 3 ans, quand ils cherchaient à se réinstaller dans l'Aude. Ils répondent aujourd'hui à nos questions pour savoir comment démarrer une activité d'accueil à la ferme, et en particulier comment se créer une clientèle quand on part de rien.
L’hébergement comporte 4 chambres, une salle de détente commune et une table paysanne. L’activité agricole vise avant tout l’autonomie alimentaire, avec une variété importante de productions vendue en direct et cherchant à satisfaire aux besoins de l’accueil : viande, fromage, miel, savon au lait d’ânesse, légumes…
La structure a reçu ses premiers accueillis en 2008 alors que les travaux n’étaient pas terminés, avec une ouverture officielle en juin 2009.
Avez-vous établi des critères particuliers dans le choix du lieu de votre installation ?
Nous étions paysans depuis plusieurs années, installés en ovins en zone de montagne. Nous souhaitions développer une ferme tournée vers une activité d’accueil pour rester dans des petites productions agricoles et changer de région. Il nous a donc été possible de choisir le lieu de notre nouvelle installation. Nous recherchions un lieu dans le sud de la France, à proximité d’un pôle touristique avec des terres se prêtant à la multiplicité des ateliers de production. Le domaine de Pech d’Aspe correspond à ces critères.
Quelles ont été vos premières actions de communication ?
Nous sommes entrés à l’origine à Accueil Paysan pour soutenir ce mouvement qui défend nos convictions. En fait, ce fut une bonne surprise pour nous de voir que le réseau nous a apporté de nombreux accueillis.
Nos premiers clients sont arrivés par des voisins qui ont souhaité nous soutenir et ont renvoyé leur clientèle vers nous quand leur structure était pleine. La limite à cette pratique est que nous sommes assez éloignés des autres structures d’accueil et les gens cherchent souvent un hébergement dans une zone géographique bien définie.
Nous travaillons aussi avec l’office de tourisme de notre secteur, qui nous amène un peu de fréquentation. Nous avons de bonnes relations avec l’équipe mais il faut souvent aller les voir pour qu’ils se souviennent de notre existence.
Le réseau familial est aussi important, nos premiers accueillis ont été des connaissances de la famille, d’amis… et après, le bouche à oreille aidant, le phénomène s’amplifie.
et Internet dans tout cela ?
Nous comptions beaucoup sur notre site internet (pechdaspe.fr). Ce fut un des nos premiers travaux. Nos espoirs ont été déçus : le référencement est trop difficile à faire, notre site est au fin fond du classement sur les moteurs de recherche. Mais, il nous sert de « vitrine » : notre hébergement est référencé par Accueil Paysan, abritel, top rural… Les personnes qui cherchent un hébergement vont sur ces sites, trouvent notre adresse et réservent après avoir consulté notre site internet. Notre site permet de déclencher l’acte de réservation, et c’est déjà beaucoup.
Est-ce que votre ferme n’est pas au final votre meilleur atout ?
Le lieu doit être cohérent : nous accueillons beaucoup de familles, avec des enfants petits, parce que les parents veulent leur faire découvrir les animaux, la nature : toucher, goûter, sentir… Nous amenons les enfants à la traite, on leur fait goûter au lait frais, avec des animaux « fétiches » que les gens, en notre compagnie, peuvent toucher…
Nous avons aussi décidé d’accueillir les chiens car nombreuses sont les personnes qui ne trouvent pas d’hébergement à cause de leur animal. Cela fait alors un élément de plus à gérer.
De même, il n’y a pas d’établissement de restauration à proximité, au-delà de notre intérêt à écouler nos produits sur la table, il est indispensable d’offrir le service de table paysanne.
D’autres conseils à donner ?
Le respect d’un calendrier est primordial en tourisme : la saison, c’est principalement l’été. Donc, si vous êtes sûr d’ouvrir pour la première fois en juin, il est possible de communiquer dès janvier sur votre accueil. Attention aussi à ne pas multiplier des actions de communication qui coûtent parfois très cher, il faut cibler ce que l’on fait.
Propos recueillis par Marie Coupet.